Mardi 15 janvier, les classes de troisième se sont rendues au théâtre à la Comédie de Picardie pour y assister à la première de « J’ai rencontré Dieu sur Facebook », une pièce écrite et mise en scène par Ahmed Madani. Avant la représentation, nous avons effectué la visite du théâtre et appris au passage quelques superstitions qui y sont liées : les couleurs à ne pas porter sur scène, les mots à dire ou ne pas dire, les fleurs à offrir (ou pas) aux comédiennes… Puis nous sommes partis en quête de réponses pour notre sondage sur l’impact des réseaux sociaux dans notre quotidien, en questionnant des passants dans la rue des 3 cailloux, petits poucets amateurs !

Revenus au théâtre après y avoir pique-niqué, le noir se fait dans la salle ; silence, les portables sont éteints, ça commence ! Deux personnages en scène : une mère, professeure dans un collège de banlieue, et sa fille Nina, jeune adolescente, élève de troisième. La mère revient d’un voyage en Algérie où elle a enterré sa propre mère ; Nina quant à elle surmonte difficilement la mort de sa meilleure amie, Kim. L’adolescente éprouvée entre en rébellion : elle se sent incomprise. Alors, la nuit, elle surfe sur le net et discute avec un certain Amar… le seul qui écoute Nina et semble la comprendre vraiment. Au fil de leurs discussions par écran interposé, Nina change, a de plus en plus de mal à communiquer avec sa mère, se renferme et finit par se voiler, un peu, beaucoup. Elle tombe amoureuse du jeune homme qui a su la séduire et elle apprend l’arabe, décide d’abandonner l’école et le violon pour se consacrer à Amar et à Dieu. Un soir, elle prépare son passeport et ses bagages, direction Bruxelles, la Turquie puis la frontière syrienne. Mais… la vérité, elle, ne porte pas de voile et finit par éclater, brutalement.

Un texte poignant et magnifiquement interprété, une actualité doublement brûlante (poids des traditions, dangers des réseaux sociaux), voilà de quoi alimenter notre réflexion. En français, nous étudierons bientôt la pièce miroir d’Ahmed Madani créée en 2013, « Je marche dans la nuit par un chemin mauvais », qui traite également des conflits générationnels avec en toile de fond la guerre d’Algérie.